Et si, avant de taxer les SUV, le monde politique s’informait ?


Les véhicules dit SUV sont au cœur d’un débat politique bruxellois à tout le moins mal engagé. Explications.

C’est une des cibles automobiles visées par le nouveau mode de taxation annoncé par la majorité gouvernementale à Bruxelles : la catégorie dite des SUV -Sport Utility Véhicles- désignant ces voitures plus ou moins légèrement surélevées, parfois à 4 roues motrices et très à la mode après avoir pris le relais des monospaces dans l’esprit du consommateur (40% des achats).

Le premier objectif est avoué et louable – réduire l’impact d’un choc avec un usager faible- et le second nous apparaît sous jacent, à savoir freiner l’extension de véhicules symbolisant dans le trafic urbain une forme d’arrogance sociale.

Va pour les principes, mais en pratique, les choses se compliquent. Tout d’abord, comment définir ces SUV et donc les taxer efficacement ?  Dacia Duster, Volkswagen Tiguan et Porsche Cayenne appartiennent tous trois à cette catégorie mais n’ont pas grand-chose de commun entre eux. Qu’à cela ne tienne : on va ajouter aux critères de taxation la notion de dimensions et de poids. Aie : les voitures les plus longues sont davantage les breaks et les berlines ; et si on parle de poids, on va s’en prendre aussi aux véhicules hybrides et électriques alourdis par une technologie plus complexe et par les batteries.

Plus dangereux, les SUV ?

Et puis qu’en est-il du danger engendré en ville par ces SUV ? Un critère objectif d’évaluation pourrait être fourni par les crash-tests organisés par EuroNcap. Toutefois, il n’existe pas aujourd’hui de signaux induisant un risque de dangerosité particulière en cas d’accident impliquant un piéton ou un cycliste. Et si on entre dans des détails techniques, il semblerait même que l’espace entre le bloc moteur et l’habitacle tout comme la forme du capot des gros SUV induirait des conséquences moins graves pour le piéton touché.

Bref, cette mesure plus idéologique que pratique et encouragée par diverses associations environnementales serait loin d’atteindre les objectifs annoncés. Et surtout, elle inspire un constat plus inquiétant :la méconnaissance du monde automobile par les pouvoirs politiques, bruxellois en l’occurrence.

S’il est évident que l’automobile doit être freinée et repensée en termes de mobilité et de pollution, notamment à travers l’intermodalité des transports, mieux vaut savoir de quoi on parle avant de se lancer dans des effets d’annonce. Cela vaut pour les SUV comme pour d’autres sujets comme la généralisation du 30 km/h.

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