Audi émerge du déluge aux 24 Heures de Spa


Des conditions dantesques ont marqué le premier tiers des 24 Heures de Spa clôturées par un doublé Audi, la n° 1 du Belgian Audi Club WRT terminant à la deuxième place.

Francorchamps et la pluie, c’est une longue histoire pas nécessairement d’amour mais en  tout cas indissociable. Le déroulement des dernières 24 Heures de Spa l’a rappelé, marqué par près de 5 heures de neutralisations de la course. S’il se termina par la victoire d’une  Audi R8 de l’Audi Sport Performance Cars Team pilotée par le trio Piccini-Rast-Stippler ,  ce week-end mit aussi en évidence  un jeune pilote belge au volant d’une BMW Z4,  Maxime Martin (26).

Dans la cuvette ardennaise,  le microclimat local n’a pas eu  besoin du réchauffement de la planète pour entraîner de fréquents orages. Tous les habitués connaissent de longue date  les risques de perturbations atmosphériques qui ont contribué à la réputation de ce circuit peu banal. Même si les orages du dernier week-end sont apparus particulièrement   violents et surtout longs.

Le premier, dès le vendredi après-midi , entraîna l’annulation –un peu rapide- de la super-pole qui aurait peut-être permis à Maxime Martin de signer un premier résultat dans une course dont il allait être  le héros malheureux.

Puis, après deux heures animées par  cette BMW belge et privée du Marc VDS Racing Team, de gros nuages noirs pointèrent à l’horizon. Survolant le circuit, l’hélicoptère de l’organisation n’eut que le temps de se poser sur l’héliport d’un hôtel dans le village de Francorchamps. Le long de la zone des stands où les voitures rentraient pour un deuxième ravitaillement, la tension était optimale, d’autant plus que les conditions météo étaient  variables d’un point à l’autre du circuit.

Ondée passagère  ou non ? Certains chefs de team faisaient encore le pari d’une piste sèche et laissaient repartir les voitures avec des pneus slicks. Quelques minutes plus tard et sous les effets d’une première trombe d’eau, la ronde des pilotes était transformée en un show «holiday on ice ». A hauteur du virage de la Source, l’ aquaplaning surprenait les voitures au freinage, entraînant un ballet de dérapages et d’accrochages.

Cet incident n’était que le début d’une longue série qui allait marquer le premier tiers de la course, noyant les voitures incapables d’évacuer l’eau sous les pneus. Certaines quittaient même  la route à petite vitesse alors qu’elles roulaient derrière la « pace car ». Que dire des spectateurs détrempés cherchant un refuge ou de certains parkings transformés en champs de boue ? Entre les sorties répétées des voitures de sécurité, Maxime Martin survolait les débats au volant d’une Z4 dont les réglages permettaient une bonne adaptation à la conduite sur piste mouillée. Dans la portion sinueuse du circuit, entre le virage des Combes au sommet du circuit et le raccordement avec l’ancienne route de Stavelot dans le bas, le Bruxellois se permettait de prendre 5 secondes à ses rivaux les plus rapides! Le dimanche matin sur une piste redevenue progressivement sèche depuis minuit, il  signait encore le meilleur temps.

Mais, entretemps, la course avait pris une autre tournure, au-delà des 16 neutralisations qui bloquèrent le peloton pendant près de 5 heures ! Au cœur de la nuit,  la BMW de Maxime Martin,  Bas Leinders et Paltalla connaissait un premier incident : un démarreur récalcitrant dont le comportement allait rester imprévisible d’un arrêt à un autre. Un  accrochage de Martin avec un Mercedes, une crevaison et une pénalité pour un des pilotes se soldaient progressivement par deux tours de retard aux deux tiers de la course. Malgré la bonne prestation des autres BMW dans une course où les Porsche, McLaren et Mercedes n’étaient pas à leur affaire ou victimes des accrochages, Audi prenait bientôt les rênes du peloton.

Les deux R8 LMS Ultra de l’Audi Sport Team WRT passaient bien la nuit, en lutte avec la R8 de l’Audi Sport Performance Cars Team du trio Piccini-Rast-Stippler et les deux meilleures BMW. L’Audi n° 1 de Christopher Haase, Christopher Mies et Stéphane Ortelli était deuxième à la mi-course, précédant la BMW du Marc VDS Racing. On avait compris alors que les incidents de course et les arrêts au stand allaient déterminer le nom de l’Audi victorieuse. Ainsi, une crevaison sur l’Audi n°16  pilotée par Andrea Piccini permettait à Stéphane Ortelli de reprendre le commandement de la course peu après 9 heures du matin.  Après 18 heures de course, Andrea Piccini menait à nouveau, et les cinq voitures de tête, dont trois Audi, étaient séparées par moins de deux tours. Au cœur du peloton et après avoir perdu 12 tours suite à un accrochage en tout début de course, l’Audi vedette du Team Phoenix aux mains Tom Kristensen, Marcel Fässler et André Lotterer regagnait place après place.

C’est alors que, peu après midi, le team du Belgian Audi Club reçut un coup de massue en voyant sur les écrans de télévision l’Audi n°2, alors pilotée par Edward Sandström, mordre sur les vibreurs puis sortir violemment de la piste au sommet du Raidillon. Fatigue, énervement, déconcentration, mauvaise communication avec le team ? Autant de causes possibles.

La dernière question, au milieu d’une bonne trentaine de GT3 rescapées, était de savoir qui, de la dernière voiture du Belgian Audi Club Team WRT (Haase, Mies, Ortelli) ou de l’Audi Sport de Piccini-Rast-Stippler, allait remporter la manche spadoise de la Blancpain Endurance Series. Cette dernière s’imposait avec un tour d’avance, permettant à Audi de signer un doublé devant les BMW  Z4 du trio Mathias Lauda-Frank Kechele-Greg Franchi, et l’autre Z4 de Bas Leinders-Markus Palttala-Maxime Martin .

« Les 24 Heures restent un rendez-vous à part »

On le savait déjà à l’époque où les 24 Heures de Francorchamps assuraient le rendez-vous vedette du championnat d’Europe des voitures de tourisme, et cela reste vrai dans la Blancpain Endurance Series contrôlée par le promoteur privé SRO (Stéphane Rathel Organisation) à qui le RACB a cédé ses droits : « Spa reste un cas particulier », rappelle Jean-François Chaumont, délégué de SRO pour les 24 Heures. Cela tient au mixte entre pilotes professionnels et privés, à la diversité des voitures et à Francorchamps qui reste un  circuit viril, particulièrement si la météo s’en mêle. Par rapport aux autres épreuves, les 24 Heures ont retrouvé selon moi  leur fonction de grand juge. Cela sera encore le cas en 2013 où il pourrait y avoir l’un ou l’autre team de pointe supplémentaire, notamment chez Nissan. »

En outre, malgré la météo peu engageante et une forte concurrence d’autres événements ce week-end, l’organisateur était satisfait de la fréquentation des 24 Heures. Les tribunes étaient bien remplies au départ et, dimanche midi, 53.000 spectateurs, payants ou invités, avaient été enregistrés sur les 4 jours, grâce aussi au spectacle de Faithless. A l’heure où le sport automobile en circuit souffre d’une évidente -et inéluctable?-  désaffection du public, ce score n’est pas négligeable. D’autant plus qu’en regardant le ciel samedi matin et surtout samedi soir, il fallait vraiment être motivé pour rejoindre Francorchamps.

Classement final:

1. Stippler-Piccini-Rast (Audi R8 LMS ultra) 509 tours
2. Mies-Haase-Ortelli (Audi R8 LMS ultra) + 1 tour
3. Lauda-Kechele-Franchi (BMW Z4) + 1 tour
4. Leinders-Palttala-Martin (BMW Z4) + 2 tours
5. Hommerson-Machiels-Bertolini-Alessandro (Ferrari 458 Italia) + 7 tours
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