Mobilité: demain à Bruxelles, on rasera gratis


Avant de rêver à la mobilité à Bruxelles en 2040, il y a des mesures  coincrètes à prendre dans l'immédiat. @Bruxelles Mobilité.
Avant de rêver à la mobilité à  Bruxelles (Porte Louise) en 2040, il y a des mesures concrètes à prendre dans l’immédiat. @Bruxelles Mobilité.

A écouter depuis le début de la « Semaine de la Mobilité » les discours des hommes politiques dont celui de Pascal Smet, le nouveau ministre bruxellois (SPA) de la Mobilité et des Transports Publics, on doit être fier d’habiter Bruxelles qui s’apprête à devenir la ville la plus conviviale du Royaume.

Lumières leds le long des bandes de circulation, pistes cyclables sur la petite ceinture, tunnel  » de qualité de vie » sous la place Meiser, métro aérien  à Tour & Taxis, parking vélo sous la Bourse, décors paysagers à la place des viaducs Meiser et puis Herrmann-Debroux , réaménagent des espaces Schuman et Louise-Porte de Namur, investissements dans les transports en commun, élargissement des trottoirs et des piétonniers, premier RER sous peu…. A  lire ces projets multiples, on est bien dans la « Semaine de la Mobilité » où tous les espoirs sont permis, avant la clôture des festivités dimanche par un grand défoulement cycliste.

D’accord, cela fait du bien de rêver et surtout, c’est gratuit. En outre, beaucoup d’idées vont dans le sens d’une meilleure qualité de vie, à une -grosse nuance-près: aujourd’hui, trop d’aménagements coûteux ont pour but de freiner artificiellement le trafic automobile, sans bénéfice direct pour les cyclistes, les piétons ni même les riverains confrontés aux voitures à la recherche d’alternatives aux grands axes bloqués. Pascal Smet a beau répéter « qu’à titre personnel, il n’est pas opposé aux voitures mais veut juste une répartition plus égale avec les piétons et les cyclistes », les choix politiques ne vont pas dans le même sens.

Pourtant, en dehors des irréductibles inféodés à leur voiture,  les mentalités ont évolué. Il suffit de constater le succès grandissant de la STIB à Bruxelles (+ 6 millions de passagers en 2013) ou le vrai boom du vélo  comme objet de loisirs dont témoignent les multiples… voitures équipées de porte-vélos.

Arrêter l’anti-automobilisme primaire

Le moment est peut-être venu d’arrêter l’anti-automobilisme primaire aux accents politiques et sociaux. La mobilité concerne les voitures (auxquelles est surtout attachée la tranche des 45-64 ans) mais aussi une population bruxelloise plus jeune et parfois économiquement moins favorisée qui cherche à se déplacer le mieux possible.

La sortie cycliste du gouvernement bruxellois, assortie de la chute d’une ministre, doit rester dans le domaine du folklore. Les Bruxellois et les personnes qui doivent se rendre dans la capitale, y vivre ou la contourner attendent plutôt des initiatives concrètes à court et moyen terme. Quelques- unes parmi d’autres:

– La mise en place de parkings de dissuasion en suffisance pour les navetteurs.

– Des trains qui arrivent à l’heure (1 sur 4 était en retard en 2013!).

– Un pacte de mobilité inter-fédéral réclamé par la FEB pour réduire les bouchons coûtant 1 à 2% du PIB et 3,5 jours de travail par an.

– La fin des querelles communautaires sur l’élargissement du Ring,  les lignes  de tram de la STIB pénétrant en Région flamande ou, pour l’anecdote, le monopole des taxis de Zaventem à l’aéroport avec, à la clé, des prix dissuasifs.

– Des accords sur un péage à Bruxelles ou une fiscalité des voitures à l’usage afin de désengorger le trafic aux heures de pointe dans une ville parcourue quotidiennement par 370.000 véhicules.

-Des transports en commun en suffisance et à toutes les heures en sachant que les chemins vers l’école et le lieu de travail ne représentent que la moitié des déplacements.

– La mise en place au moins partielle du RER.

– Des avantages fiscaux pour les voitures dites « propres » de plus en plus performantes et capables de favoriser la réduction des pics de pollution et du niveau sonore.

– Des trottoirs effectivement élargis et en meilleur état mais pas pensés en priorité pour réduire la largeur des voies  accordées aux voitures. Pour rappel, la marche est le premier moyen de déplacement à Bruxelles (40%).

– L’accès des deux-roues motorisés aux bandes  des bus et des parkings pour motos, etc…

Plus d’attention aux vélos électriques

Et les vélos, direz-vous? S’ils ne représentaient en 2012 que 3,5 % des déplacements vers le travail ou l’école, cette proportion est en train d’évoluer mais elle ne va pas révolutionner à court terme la mobilité dans une ville comme Bruxelles. En revanche, une attention plus grande aux vélos électriques (parkings sécurisés avec recharge des batteries) pourrait écarter un des arguments en défaveur du vélo, à savoir le paysage vallonné.

Après cette semaine de douces rêveries, le retour à la réalité sera dur lundi matin mais si la volonté politique du gouvernement bruxellois est réelle -pas celle qui préside à la gestion du survol des avions!-, la mobilité finira bien par évaluer.

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2 réflexions sur “Mobilité: demain à Bruxelles, on rasera gratis

  1. La mobilité à Bruxelles est, entre autres, gérée par des amateurs auto-proclamés « experts » et qui n’ont comme objectif que de faire triompher leur idéologie anti-automobiles. Prétendre que Bruxelles et Anvers sont les villes les plus embouteillées d’Europe (index Tom-Tom) ou du monde (index Inrix) est une ineptie basée sur des résultats biaisés à la fois par les mathématiques et la méthodologie utilisées. Croire aussi par exemple, que les voitures de société sont responsables des bouchons, c’est méconnaître la réalité et l’historique des chiffres. Il n’existe pas à Bruxelles d’étude scientifique sérieuse à propos de la mobilité. Hors on ne peut pas prétendre mettre en place une mobilité différente en se basant uniquement sur une idéologie ou un sentiment, et non sur des faits. Le nombre de voitures à Bruxelles est resté quasi identique depuis plus de 10 ans, les km parcourus sont en diminution quasi constante, etc…, etc…, je ne vais pas m’étendre sur les chiffres (chiffres du Ministère de la Mobilité). Mettre en place ou suggérer des prétendus remèdes alors qu’on se trompe sur le diagnostic, voilà ce qu’il faut dénoncer. Mais il est très difficile de se faire entendre dans le brouhaha du discours politiquement correct ambiant…

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  2. Qq réactions via lalibre.be

    mediarail.be
    On peut embellir la ville, je vois cela ailleurs, notamment à Strasbourg visitée dernièrement. Mais la mobilité s’est engluée dans un débat plus idéologique que pragmatique, sous prétexte de sauvetage de la planète et mais surtout « combattre » la société bourgeoise et consumériste. Fort bien. Mais la principale donnée du choix modal tient EXCLUSIVEMENT aux implantations des lieux de vie, soit domicile, école, boulot. Facile de critiquer la SNCB : les rails ne vont pas partout et s’ils passaient dans votre rue vous seriez les premiers à gueuler. De plus, le trafic ferroviaire mélange les rapides et les omnibus, ce qui restreint la quantité de trafic. Voilà pourquoi Infrabel construit le fameux RER. Mais quand j’entend de bonnes sources qu’il n’y a déjà plus de budget pour certains chantiers en cours en 2015, oui, la balle revient aux politiciens. Enfin, pourquoi diable tous les bureaux doivent-ils avoir pignon sur rue à Bruxelles ? Le prestige de l’adresse ? N’importe quoi ! La mobilité, entre rêve et réalité, c’est ici : http://mediarail.blogspot.be/2012/11/mobilite-domicile-travail-entre-reves.html #SNCB #NMBS #Wallonie

    Alain Sapanhine ·
    Du bla-bla pour éviter de parler du vrai problème : la limitation de Bruxelles à 19 communes enclavées dans un territoire qui lui est hostile. Toutes les solutions envisagées concordent, rien ne se fera sans aval de Moeder Vlaanderen qui tient absolument à rendre Bruxelles invivable, c’est son seul crédo.
    Et puis, quand construira t’on enfin des voitures un peu plus petites ? Le concept 4 places existe depuis la fin de XIXème siècle et personne ne l’a jamais remis en question alors qu’à vue de nez, un conducteur sur deux est seul à bord.
    La volonté politique est de tout engluer, le résultat est en train de dépasser toutes les espérances.

    Xavier Jacque · Silly
    A tous ces donneurs de leçons anti-voitures, je réponds par une proposition: décrétons un jour de semaine précis (2è jeudi de mars par exemple) journée où tout le monde laisse volontairement sa voiture au garage e où tout le monde va prendre train, tram et autre bus pour aller bosser. Et là nous verrons qui sont les mauvais politiciens qui n’ont rien prévu, une fois de plus et non pas le citoyen égoïste, tout seul dans sa voiture. Sans compter l’aspect communautaire où, comme pour le RER, quand on peut ennuyer Bruxelles c’est jour de fête!

    Eric Van Wettere · Ohain
    C’est beau de rêver et je suis aussi demandeur de plus de mobilité douce… En attendant, notre chère SNCB a publié son nouveau plan et le train que je prenais, comme beaucoup d’autres navetteurs, ne s’arrêtera plus dans la gare la plus proche de mon domicile. Et je n’habite pas au milieu de nulle part puisque je parle de Genval, à même pas 20 km de Bruxelles. Du coup, je compte reprendre ma voiture pour me rendre à mon boulot. Combien d’autres ici ou ailleurs vont être confrontés à cette régression du service au public ? Alors qu’on arrête de nous faire la morale avec l’usage intensif de la voiture et qu’on développe enfin des transports publics fiables et avec une fréquence attractive. Evidemment, le ministre Bruxellois de la mobilité n’a de compétences que sur son petit territoire des 19 communes… donc rien ne changera pour ceux qui viennent de l’extérieur ! Enfin, je m’étonne que personne ne parle d’un RER qui suivrait le contour du ring bruxellois; le concept centralisé en étoile date d’il y a plus de 20 ans et il faudrait penser à une mobilité qui englobe les déplacements entre les différentes extrémités des provinces de Brabant (par exemple : Waterloo – Zaventem, Asse – Ittre …)

    Pat Leclercq · ULB
    pascal smet, le taliban anti-voiture qu’aucun Bruxellois n’a élu, est devenu par la magie de la particratie belge ministre à Bruxelles. Nous ne voulons pas de ce débile et nous prévenons les politiciens qu’un jour ce genre de mascarade aura des conséquences dans les urnes et même au délà.

    Jean-Louis Gravier · Meilleur commentateur · Collège Saint-Joseph de Chimay
    N’en déplaise au rédacteur de cette page blanche, ce que je constate, en tant qu’utilisateur quotidien du vélo à Bruxelles, c’est un boom de ce moyen de locomotion non pas uniquement pour les loisirs, mais bien pour se rendre à son lieu de travail.

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